Séparé(e) et célibataire, un boulet en société ?

30 Jan

Je suis condamné (e) à une double peine. Et pire. Dans les deux sens du terme.

Au sens de la punition, et d’une certaine forme de tristesse. Je suis célibataire, après avoir vécu douze ans de mariage. Ma rupture, comme celle de beaucoup d’autres, ne s’est pas faite sans peine. Vous avez remarqué ? C’est la deuxième fois en quelques lignes que j’utilise le mot « peine ». C’est qu’il y a de la douleur dans tout ça.

Qu’on ait choisi son divorce, sa séparation ou pas, il y a des maux, des blessures à panser, des incompréhensions, des sentiments d’injustice, des deuils à faire. Le plus souvent, on ressort abimé(e), ébréché(e), distordu(e), cassé(e), voire détruit(e) d’une relation qui a duré ce qu’elle a duré mais dans laquelle on avait investi. Et quand en plus on a la question des enfants à gérer, ça vient alourdir la peine. Toujours elle.

On peut parfois trouver des satisfactions à être de nouveau célibataire, enivré(e) par une espèce de sentiment de liberté absolue, et qui peut bien parfois nous aider à ne pas être que noyé(e)dans le chagrin. Mais cela ne dure pas. La garde des enfants nous met en contact constant avec l’ancien(-ne) conjoint(e), et les décisions deviennent soudainement plus compliquées à prendre. Il faut être deux, mais avec des désaccords.

Après la rupture, il arrive qu’on perde aussi une part de ses ami(e)s, ceux qu’on avait avant, quand on n’était pas « un tout seul », mais deux, une entité de couple. Vous savez, on dit souvent « nous avons un couple d’amis »…

Avec ce nouveau statut de célibataire dont l’entourage s’est parfois réduit, on doit aussi composer avec le fait qu’être « un tout seul » devient une espèce de tare. Oui, oui, j’ai bien dit de tare, au sens du grave défaut qui porte préjudice à un groupe, une institution. Vous ne me suivez pas ? En tant que célibataire, vous pouvez être considérés par ceux qui forment une entité de couple comme un danger potentiel. Vous êtes un cœur à prendre, vous êtes libre, non engagé(e) dans une relation qui vous lie à un(e) autre et qui vous pose comme interdit que vous alliez voir ailleurs.

Alors bien sûr, il y a vos amis, vos copains, vos potes, vos relations, qui vous invitent de temps en temps pour déjeuner, boire un verre après le boulot, mais ils vous invitent amputé(e)s de leur moitié. On sort « entre célibataires ».

Quant à être invité(e) par un couple d’amis, cela peut encore bien sûr se faire, mais quelques-uns parmi eux ne s’y risqueront pas. Faire entrer le loup dans la bergerie, vous n’y pensez pas ! Venez, venez donc manger chez nous, mais prenez bien soin d’amener vos enfants. On vous reçoit en tant que papa ou maman. Pas en tant que personne, individualité masculine ou féminine.

Vos voisins vous trouvent sympas. Mais la dame du troisième avec qui vous discutez de temps en temps dans l’ascenseur, mon cher monsieur, ne vous invitera pas à boire un café si son mari n’est pas là. Vous pourriez y voir une invitation au désir…ou peut-être bien que c’est la dame du troisième qui va se dire que ça ne se fait pas, et qui, malgré toute la sympathie qu’elle éprouve à votre égard, ne vous recevra pas. Que va dire la voisine du dessus de tout ça ?

Faut-il alors penser que les couples qui ne vous invitent pas vous perçoivent à ce point comme un danger potentiel qu’ils mettent le doigt sur leur propre fragilité, sur leurs propres doutes ? Vous êtes le grain de sable qui pourrait faire tout basculer. Ah si, j’oubliais. On vous invite ; mais on a aussi pris soin d’inviter une autre copine, ou un autre copain célibataire, des fois que ça pourrait coller entre vous.

C’est donc bien ce que je disais. La séparation vous jette dans un état de fait de solitude, qu’on subit ou pas, à différents degrés, avec son lot de peines. Mais ce nouveau regard porté sur nous, célibataires, ne nous aide pas à reprendre le dessus. C’est comme si on ne faisait plus partie de la bonne caste. On devient un paria.

 

Et je risque fort de le rester si vous ne cessez pas de me considérer comme un danger. Vous ne croyez pas ?

 

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