Leurs vies sans moi

25 Avr

Je les ai couvés durant 9 mois, ou presque, les fantasmant tout beaux, dodus et roses. Chaque grossesse était différente, chaque naissance aussi et forcément chaque enfant.

Trois fois, trois aventures, vécues avec leur papa, qui attendait ces trois arrivées avec la même impatience, bien que plus discrète, que moi. Trois cadeaux, trois fois plus de bruit, trois fois plus de chenis, mais aussi trois fois plus de rire et surtout trois fois plus d’amour.

En les observant grandir, en leur lâchant la main pour qu’ils marchent seuls, en les laissant à l’école la toute première fois, les larmes aux yeux, moi pas eux, en leur apprenant à faire du vélo, en les lâchant chaque jour un peu plus, je me préparais tout doucement à les voir s’éloigner un jour, le cœur déchiré, toujours moi pas eux…

Je pensais qu’ils seraient adultes et iraient vivre leur vie, pas trop loin, mais pas trop près non plus, pour échapper un peu à l’amour étouffant d’une maman parfois un peu trop louve. Ce moment tant redouté, je l’ai vécu bien plus tôt que prévu.

Je ne parlerai pas de mon histoire avec leur père, ce n’est pas le but de ces lignes, mais simplement de ce qu’engendrait la fin de celle-ci. J’avais le sentiment que l’on me volait mes enfants, un soir par semaine, un week-end sur deux et la moitié des vacances. J’étais déchirée à chacun de leurs départs, je n’arrivais pas à profiter pour me reposer, pour penser à moi, j’étais coupée en deux, comme incapable d’exister sans eux. J’ai dû apprendre, ça m’a pris énormément de temps et je doute encore parfois d’y être complètement parvenue, cinq ans plus tard.

Puis un jour, ils partent en vacances avec une autre… alors que je n’avais pas les moyens de leur en offrir, eux passaient des instants idylliques sur une ile espagnole, avec elle, elle, elle et encore elle ! Aucun mots ne sauraient décrire les sentiments que je vécus cet été là. Puis on s’habitue, on s’habitue à tout, ça fait un peu moins  mal, chaque fois un peu moins mal, même si on ne s’y fait jamais complètement.

Parfois je les imagine, grands, filer de plus en plus loin, dans d’autres bras pour une toute autre histoire d’amour. Je les imagine me raconter leurs vies, leurs amours et leurs emmerdes. Je sais que je serai toujours là pour eux et qu’ils seront un peu là pour moi aussi. Je vivrai mes émotions discrètement, enfin le plus discrètement possible, si j’arrive à m’entrainer d’ici là…

La séparation c’est vivre tout ceci bien plus tôt que prévu, mais ça construit aussi de belles relations, une vraie complicité et c’est devenu une force dans notre famille.

Je vous aime mes trois loulous et pour cet amour ci j’ai signé à vie !!!

Florence R.

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