LES MOTS QUI TUENT

7 Fév

LES MOTS QUI TUENT

Vous avez peut-être lu tout comme toi cet article sur les cinq phrases qu’il ne faut pas dire à un enfant au risque de détruire l’estime qu’il a de lui-même. L’estime de soi est si fragile, et en particulier quand elle est en pleine phase de construction durant l’enfance ; elle est déterminante sur ce qu’elle sera plus tard quand l’enfant deviendra adulte. Alors je voudrais me permettre d’ajouter deux ou trois petites choses, qui vont bien au-delà de cinq phrases à ne pas dire.

La manière dont nous nous exprimons résulte de ce que nous avons reçu. Tout petit, l’enfant fonctionne comme une éponge, absorbant tout ce qui se passe et se dit autour de lui. Mais ce n’est pas une machine ; il n’emmagasine pas un stock d’informations pour construire ensuite son langage et ses représentations. Les mots, les phrases, les tonalités, le langage corporel qui aura accompagné tout cela va s’immiscer dans sa petite tête et résonner en émotions, bien au-delà de ce que vous aurez possiblement imaginer. L’enfant va percevoir ce qui nous échappe car relevant de l’inconscient, et également cerner les différences de langage et d’attitude que nous avons selon à qui nous nous adressons ; il va commencer par absorber les différences éventuelles de langage que vous manifestez au sein du foyer familial. Comment vous adressez-vous à votre chéri, à vos enfants, à votre mère, votre père, vos amis, vos voisins.

Vous ne maîtrisez pas tout, et le langage verbal est souvent très spontané ; quant au langage corporel, on n’a pas l’occasion d’en avoir la moindre représentation si ce n’est les rares fois où l’on se voie en vidéo (et qu’on se déteste), ou au travers du regard des autres.

Au volant de sa voiture on oublie parfois qu’on a des enfants à l’intérieur qui savent se faire bien silencieux quand ils ont envie de ne pas en perdre une miette…et voilà l’envolée lyrique de jurons en tous genres que vous lancez à tout va au premier gogo qui vous énerve. Vous me direz, jusqu’ici, tout va bien ; je n’ai fait de mal à personne, je dirai à mon enfant que ce que je viens de dire est absolument épouvantable et que jamais, jamais, je ne veux l’entendre répéter de telles horreurs.

Parfait ; mais vous n’aurez pas ce réflexe quand vous lui aurez dit à lui des choses qui vont lui mettre des doutes plein la tête, qui vont faire que, petit à petit, il va perdre confiance en lui et développer une mésestime de lui-même que vous ne soupçonnerez pas. Bien sûr, il y aura aussi, au-delà de toutes ces petites phrases assassines distillées dans son quotidien, toutes celles qui l’auront aidé à se construire…mais seront-elles plus fortes dans son équilibre émotionnel, dans son développement psycho-affectif ?

Première chose : on s’exprime souvent en ne commençant pas nos phrases par « je ». Comme si, par définition, le ‘je’ était secondaire, et qu’au premier plan, venait en avant la responsabilité de l’autre.

« Tu m’énerves ». Traduction : « tu » es responsable de mon énervement. Tu es coupable de mon état d’agacement. Alors qu’en fait, c’est moi, « je » qui m’énerve, et les sources de mon énervement sont sans aucun doute multiples ; un client qui m’aura agacé, un patron qui aura été sur mon dos toute la journée, une facture que j’ignore encore comment je vais payer, vont me mettre en état d’irritation intense, à fleur de peau en rentrant de ma journée. Et le premier qui va faire que la goutte d’eau va faire déborder le vase va probablement être votre enfant. Et vlan, un joli « Tu m’énerves » dans les dents. Uppercut du droit, et pour le peu que papa en mette un du gauche, ça fait beaucoup pour un petit ou grand enfant. Alors on dit quoi ? On ne dit rien ? Non, bien entendu, mais on essaye de remettre les choses à leur place et de se réapproprier son expression en s’y mettant au centre : « je suis énervée ». Ainsi, ce n’est de la faute de personne, et surtout pas du petit bout de chou qui n’a rien demandé.

A l’école déjà les petits mots qui font du mal pleuvent. « Mais bon sang Hector, je ne comprends pas que tu n’arrives pas à faire ça ; c’est pourtant facile ! » Le soir venu Hector vient chercher un peu d’aide pour que vous l’éclairiez sur ce foutu problème de maths sur lequel il a bloqué en classe. Bang. Vous vous agacez et il y a fort à parier que vous lui sortiez un joli « mais c’est pourtant évident » Pour vous, oui, mais pas pour lui. Hector entend qu’il est un imbécile qui ne comprend décidément rien à rien et le curseur de son estime personnelle encaisse une chute réelle. Et si en plus vous ajoutez un « t’es bête ou quoi », c’est mortel !

« Mais tu le fais exprès? »… ben oui, c’est bien connu que les enfants aiment chercher nos limites et appuyer là où ça fait mal, mais gare à la réponse que vous donnez à cette provocation. Respirez un grand coup et tachez de lui dire que vous n’appréciez pas l’attitude qu’il a et que vous risquez de vous fâcher s’il ne cesse pas. « Je n’apprécie pas, je vais me fâcher ». Cela n’aura pas l’effet miraculeux de faire cesser les provocations de votre chérubin mais d’un point de vue langagier vous ne l’aurez pas bousillé. Il n’entendra pas votre « tu es vraiment insupportable, prends exemple sur ton frère » qui fera voler en éclat son estime personnelle mais qui remettra aussi en cause l’amour que vous lui portez à ses yeux.

Vous l’aurez compris, la liste est non exhaustive mais surtout bien plus difficile à décoder qu’un violent « j’aurais voulu que tu ne naisses pas », ou « pourquoi tu n’es pas comme machin ou truc » qui sont des bazookas, des armes de destruction massive. Il y en a plein d’autres, des mots qui tuent, qui sont aussi puissants, des armes de destruction passive. Sans oublier le langage du corps. Votre regard si joliment bleu qui devient soudainement noir et qui vient renforcer un sentiment d’insécurité profond déjà contenu dans votre « tu ne fais jamais rien comme je te le demande ».

On a le droit de se fâcher, d’être énervé et on a souvent de bonnes raisons de l’être. Mais on a la responsabilité d’être extrêmement vigilant quant à la manière dont on s’adresse à son enfant, car on est la première personne qui compte pour lui, plus que tout, et tout ce qu’on dit est ressenti comme vrai et immuable. « C’est vrai, c’est mon père qui me l’a dit ».

Mais n’oubliez pas que si vous dérapez, il est réellement capital que vous puissiez vous excuser auprès de votre enfant en lui disant clairement non pas que vous ne pensiez pas ce que vous lui avez dit,( car sur le moment, bien sûr que si vous l’avez pensé), mais en reprenant vos dires avec un joli « je » ; Vous, qui en tant qu’adulte, apprenez à votre enfant que faire des erreurs c’est humain, que ça peut arriver à tout le monde, même aux adultes, mais qu’il est essentiel d’avoir l’intelligence et l’humilité de reprendre les choses et de faire amende honorable.

« Je me suis bien fait comprendre ? »

 

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2 commentaires pour “LES MOTS QUI TUENT”


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