Le syndrome abandonnique

22 Jan

« Au secours, aimez-moi », ainsi pourrait se résumer ce que ressent en permanence un adulte souffrant du syndrome abandonnique.

Trouvant naissance dans la petite enfance, voire dans la vie fœtale, le syndrome abandonnique se construit à la suite d’un sentiment d’abandon réellement vécu dans un passé dont l’adulte n’a parfois plus conscience. Plusieurs événements, d’un point de vue de l’enfant, peuvent être vécus comme des abandons : une mère ou un père absent (ou les deux), un décès d’une personne à laquelle on était profondément attaché (e), la naissance d’un autre enfant. Dans ce dernier cas, le premier enfant pourra penser qu’on ne l’aime plus pour pouvoir donner son amour au second né, si les parents n’ont pas pris la peine de rassurer leur aîné(e). Une indifférence constante vécue comme un déni de soi, de sa personne, peut aussi être à l’origine de ce syndrome.

Ces actes traumatisants continueront de laisser leurs stigmates dans la vie affective de l’enfant devenu adulte.

Souffrant d’une insécurité affective constante, l’adulte aura toujours peur, consciemment ou inconsciemment, de voir cet abandon se répéter. Pour s’en défendre, il pourra plonger dans une hyperactivité intellectuelle et/ou professionnelle, dans une hypersociabilité qui n’aura de quête que de retrouver cet amour perdu, accompagnée d’une avidité affective constamment insatisfaite.

On pourra aussi constater des réactions de repli profond sur soi-même, des angoisses répétées, des signes de la dépression et une agressivité réactionnelle en réponse à un cri intérieur dévastateur :

« Je ne suis pas aimé(e) parce que je ne suis pas aimable », au sens de l’autre n’a pas de raisons suffisantes de m’aimer car je n’en suis pas digne.

Dans tous les cas on constate une mésestime de soi réelle, parfois habilement cachée derrière une assurance presque trop parfaite.

Le syndrome abandonnique est une peur irrationnelle qui peut agacer le partenaire amoureux, lassé de devoir constamment rassurer l’autre de la véracité et de la constance de ses sentiments.

Comment réagir quand on souffre de ce qu’on nomme aussi « l’abandonnite » ?

En prendre conscience est le premier pas vers la recherche de ce qui l’a déclenché. Il est parfois difficile de faire ce travail seul(e) et on ne saurait que trop mettre en avant la nécessité d’un travail thérapeutique analytique afin de dénouer les fils de cette souffrance envahissante et oppressante.

« Au secours, aimez-moi », résonnant comme un « Au secours, je ne m’aime pas »

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