Laisser partir…

31 Oct

Laisser partir…

 

Abandonner.

Laisser partir quelqu’un qu’on aime.

C’est sans doute une des choses les plus dures que nous ayons à faire dans nos vies.

Petits Nous avons tous du laisser partir des amis qui s’éloignent, déménagent. Nous nous souvenons de ce déchirement. Quelle sera la vie sans eux ?  Est-ce que l’école, la classe, le quartier ne nous paraîtront pas vide de toute substance, de toute envie, de toute vie ?  Nous errons ainsi quelques temps, désorientés, comme sans repères.

Et puis la vie reprend son cours. On découvre sans le savoir cette incroyable capacité de résilience qui sommeillait en nous. Finalement le monde ne s’est pas arrêté de tourner. L’école, la classe, le quartier retrouvent une énergie, une texture nouvelles. De nouvelles amitiés se tissent.  Notre petit monde reprend vie.  Nous n’oublions pas.  Le souvenir des amitiés perdues restera en nous et participera à notre construction.

Ados nous vivons nos premiers émois amoureux.  Nous découvrons la passion, le manque.

Notre cœur apprend à battre pour quelqu’un. A battre d’une force dont on ne le soupçonnait pas capable. Nous apprenons la dépendance, la possessivité, la jalousie. Mais surtout nous expérimentons les délices de l’amour, de la fusion. Ces moments où nous ne faisons qu’un, quand l’union des corps et la fusion des âmes nous transporte vers de délicieuses voluptés.

Il nous a pourtant fallu apprendre à laisser partir ces premières amours que nous tenions pour éternelles.  Nous avons dû apprendre que « toujours » dans ce domaine n’a pas la signification que nous lui prêtions. Là- encore notre monde a semblé s’écrouler. Le sol se dérobait sous nos pieds. Sourire, manger, dormir, parler. Ces choses simples perdent tout sens et tout intérêt. Nous avons cru mourir de chagrin. Nous nous sommes presque promis de ne plus jamais aimer, de ne plus mettre ainsi notre cœur entre des mains aimées. Si douces furent elles.

Ce sont bien sûr des vœux pieux. Nous avons, depuis maintes fois fait offrande de ce cœur, convaincus, toujours, que cette fois c’est la bonne… la dernière.

Adultes, parents, nous apprenons, nous apprendrons à laisser partir nos enfants.

Certains d’entre nous n’y parviennent jamais tout à fait.

Je crois pourtant qu’il le faut. Tout comme il nous incombait de les chérir, de les protéger, de les guider. Il nous revient de les laisser un jour se détacher de nous. Ceux qui l’ont vécu savent à quel point cela est effrayant. Les autres n’osent pas y penser. On verra le moment venu.

Ils ne prennent pas toujours la direction que nous leur souhaitions. Nous sommes alors tentés de nous y opposer, de les empêcher de vivre cette vie qui est pourtant la leur.  Entrer en opposition aura pourtant souvent des effets dévastateurs sur la relation et la complicité que nous avons pu construire avec nos enfants. Bien sûr il arrive qu’ils se trompent et parfois reviennent. Peut -être dans ce cas reviennent- ils plus forts, ayant plus appris, si nous les avons laissez aller vers leurs choix. Sans nous y opposer, tout au plus en les accompagnant à la porte avec quelques conseils bienveillants et l’assurance que nous serons toujours là pour eux.  Leur vie ne nous appartient pas. Leurs décisions, leurs choix, naissent et grandissent en eux indépendamment de nous.  Nous ne sommes que les pourvoyeurs des bases, des fondements de ce qu’ils seront.  Il leur incombe de construire le reste.

Certains d’entre nous expérimente dans le cours de leur vie l’extrême lâcher prise. L’ultime respect de la liberté de l’autre.

Cet autre que nous aimons alors plus que nous -mêmes. Cet autre, incarnation à nos yeux de la beauté, de la grandeur d’âme. Celui, celle, pour qui nous ferions les plus grandes folies. Celui, celle, pour le bonheur de qui nous construisons brique par brique notre vie rêvée, ensemble. Il arrive parfois que malgré tout ils souhaitent partir.  Vivre autre chose, croiser d’autres regards, se blottir dans d’autres bras.

Nous ne le retiendrons pas. C’est ainsi. C’est écrit en quelque sorte. Bien sûr nous pouvons alors choisir d’emprunter le chemin de la jalousie, du chantage affectif, de la colère qui nous habitera longtemps. Comment peut -il souhaiter partir alors que nous l’aimons tant ?  Nous pensons qu’il tire un trait, gomme d’un seul geste l’intensité et la beauté de notre parcours commun.  IL ne veut souvent que tourner une page. Le livre lui reste intact.

Si nous trouvons la force nous saurons alors lui donner cette ultime preuve de notre amour :

Va ! Vis ! Aime ! sois heureux. Parce que ton bonheur m’importe plus que cette souffrance que je sais passagère, je te le dis : Envole-toi si tel est ton désir, si tel est ton souhait, si cela t’est nécessaire Je n’ai pas le droit de te retenir.

 

Philippe de Zaldivar pour Easy2family

 

 

Un commentaire pour “Laisser partir…”


  1. Fatal error: Uncaught Error: Call to undefined function ereg() in /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php:66 Stack trace: #0 /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php(20): the_commenter_link() #1 /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-includes/class-walker-comment.php(180): custom_comment(Object(WP_Comment), Array, 1) #2 /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-includes/class-wp-walker.php(146): Walker_Comment->start_el('', Object(WP_Comment), 1, Array) #3 /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-includes/class-walker-comment.php(140): Walker->display_element(Object(WP_Comment), Array, '5', 0, Array, '') #4 /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-includes/class-wp-walker.php(371): Walker_Comment->display_element(Object(WP_Comment), Array, '5', 0, in /home/clients/8e61516c1eb8a96690354f3bf97f7709/web/easy2family/blog/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php on line 66