Lâcher-prise

4 Déc

Lâcher-prise

Mon bac à linge déborde, le frigo est vide, il y a des jouets éparpillés de ci de là, et du linge sale s’est niché dans des endroits tout à fait inattendus, comme l’intérieur de la taie d’oreiller. J’entends qu’on m’appelle à droite, qu’on m’appelle à gauche, avec un intervalle de quinze secondes entre chaque cri désespéré qui semble me dire que rien ici ne peut être fait sans moi.

Je me suis tapée une journée d’enfer, j’ai piétiné toute la journée, j’ai mes pieds qui me rappellent dans la douleur combien ils sont vivants et que mes chaussures sont des instruments de torture d’une grande efficacité dans l’art de faire souffrir alors qu’elles m’ont coûté un bras ! J’ai eu droit aux embouteillages récurrents du matin et du soir, qui ont mis ma vigilance à rude épreuve, et quand je rentre je n’ai qu’une envie : me déshabiller, enlever ces foutues chaussures, m’ouvrir une bouteille de vin, me plonger dans un bain et mettre la musique que j’aime à fond.

Mais tout ça n’arrivera pas. Et même si ces embouteillages me gonflent et me fatiguent, ils sont mon unique moment de la journée où je vais me retrouver seule et pouvoir faire s’échapper un peu mon esprit, en dehors de toute considération professionnelle ou parentale. Je trouve ça pathétique. Des kilomètres de bouchon, de file d’attente de véhicules constituent mon sas de décompression. Alors j’en suis presque à espérer qu’il y aura du monde sur la route pour gagner en temps de solitude et d’isolement mental.

C’est pathétique. Mais je sais qu’une fois rentrée je vais être sollicitée, multipliée par deux, deux adorables princesses qui adorent leur maman, mais qui vont demander, demander, demander ; de l’aide pour les devoirs, des câlins, des histoires à raconter, et qu’est-ce qu’on va manger, est-ce que tu peux m’aider, non c’est moi d’abord, non c’est moi.

Et moi et moi et moi. Est-ce qu’en tant que parent isolé j’ai le droit d’être égoïste ? De dire non, de demander aussi ? Le regard social semble me répondre par la négative. Super maman ou super papa se doit d’assurer, deux fois plus quand il est seul avec ses enfants. De ne jamais s’écrouler dans le canapé une fois rentré du boulot parce qu’il faut faire ça et ça et encore ça, et tiens, t’as aussi oublié ça aussi. Je regarde ma tronche dans le miroir et je me trouve cernée.

Oui, je suis cernée, cernée par le temps qui m’échappe et me rappelle sur chaque horloge pendue sur chaque mur de la maison que le temps est déjà passé et que la lessive n’a toujours pas été accrochée. Que j’ai oublié de signer le carnet de liaison de ma petite et que j’ai été dépassée par le problème de mathématiques de ma grande, même si bon sang, j’ai essayé.

Ma vie pourrait ressembler tous les jours à cette course effrénée, à ces instants volatiles et fugaces, qui vous laissent un goût d’inachevé et d’inaccompli.

J’ai réfléchi, j’ai observé, pensé, médité, priorisé, et j’ai pris des décisions.

Première décision : lâcher-prise, dédramatiser si le repas du soir se résume à du bricolage avec ce qu’on trouvera dans le frigo ou le placard, ou si on finit lamentablement mais dans une grande allégresse chez Mac Do. Dédramatiser si le bac à linge vomit des quantités de serviettes, pulls et linge en tous genres. On aura bien toujours quelque chose à se mettre.

Dédramatiser si les meubles n’ont pas été dépoussiérés. Tant que ce n’est pas nous qui prenons la poussière en devenant des adeptes de la dictature du bien-penser, du bien-faire, du sans-erreur.

J’ai pris le temps d’expliquer à mes enfants qu’une maman est aussi une femme, une personne à part entière, qui fait de son mieux, mais qui n’est pas toujours au top et qu’il est bon de se rappeler que chacun a droit à un peu d’espace personnel psychique et émotionnel, d’espace -temps, de compréhension et de bienveillance.

Que si chacun peut faire un peu, à la hauteur de son âge et de ses aptitudes, tout le monde vivra mieux, dans une meilleure harmonie et une plus grande tolérance.

Et surtout, dans un milieu qui sera plus propice à l’expression de l’amour. Car libéré de l’esclavage des pressions quotidiennes multiples. Tout le monde mangera à sa faim, tout le monde aura du linge propre sur le dos, mais qu’on portera plusieurs jours de suite, même avec une tâche (oh la cochonne !)….

Deuxième décision : prendre du temps pour moi sans culpabiliser,

Troisième décision : responsabiliser mes enfants et les extirper d’un système où on attend de nous de toujours les assister

Et encore et toujours, lâcher-prise. Débrancher. Respirer. Enfin.

Virginie Lammens pour Easy2family

Un commentaire pour “Lâcher-prise”


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