Je vis avec un(e) alcoolique

14 Fév

Je vis avec un(e) alcoolique.

Fumer tue. C’est écrit sur les paquets de cigarettes. Il y a même des photos atroces de cancer de la bouche, de la langue, collées sur l’emballage pour vous filer la nausée. Passagère.

Boire Tue. A petit feu. Celui qui boit, et ceux qui vivent avec celui ou celle qui boit. Et c’est écrit nulle part. Personne ne vous dit combien le danger est pernicieux, déguisé parfois dans son joli costume de convivialité.

L’alcool est un enfer, un enfermement ; ceux qui ont surpassé cette addiction parviendront peut-être à vous le dire un jour. Et ceux qui, impuissants, assistent à cette automutilation qui a de multiples effets collatéraux vous diront combien c’est difficile de maintenir la communication avec un(e) partenaire qui boit.

Sortons déjà des clichés, voulez-vous. L’alcoolisme touche les hommes comme les femmes, toutes les catégories sociales. Sans exception. Les raisons de l’alcoolisme sont multiples, autant de blessures profondes que d’héritages émotionnels destructeurs. L’alcool ne prévient pas, on ne le voit pas venir. Il est votre ami, votre relaxant, celui qui vous aide à dormir. Parfois il se cache, vous ment.

Chaque année en France, entre 40 000 et 50 000 personnes meurent des effets de l’alcool et on estime à cinq millions les personnes confrontées à des difficultés médicales, psychologiques ou sociales en lien avec l’alcool.

Bruno pourrait être votre père, votre frère, votre fils, votre meilleur ami, votre voisin, votre collègue de travail. Bruno est le plus joli garçon que la terre ait porté. Les cils de ses grands yeux verts battent comme des ailes de papillon. Bruno a de l’or dans les mains : tailleur de pierres, peintre, sculpteur, il a ce don que tant rêvent d’avoir, celui d’être un artiste. A vingt et un an il a lu toute la littérature qu’il nous faudra toute une vie pour avaler, et consomme comme tous les jeunes gens de son âge ce que l’on nomme l’alcool festif. Sauf que Bruno a l’alcool festif quotidien. Il n’est pas saoul, il sait s’arrêter, toujours à temps, avant le verre de trop. Bruno a maintenant trente ans, une famille, un métier.Il habite la campagne normande, ce dont il a toujours rêvé. Et pourtant Bruno boit. Sa consommation d’alcool a gagné du terrain ; sa résistance aussi. Mais c’est ici que commencent les défaillances.

Bruno devient irritable, s’emporte plus facilement, lui qui était la douceur incarnée. Il se fâche pour un rien, ses mots dépassent sa pensée, ses gestes s’envolent. A cinquante ans Bruno a tout perdu de sa beauté. Il a perdu la moitié de ses dents, son travail. Sa femme l’a quitté. Son fils ne veut plus lui parler. Et il vit au fin fond de sa campagne tout seul, triste et isolé. Sept cures de désintoxication. De la dernière, il s’est échappé. Parce que malheureusement la plupart des centres s’attachent à vouloir sevrer d’abord, soigner les conséquences au lieu de s’évertuer à chercher l’essentiel du problème : la cause.

Pour certains la cause, c’est la routine quotidienne, les coups après le boulot, les apéros, les verres de vin avec les collègues à déjeuner, qui ont installé doucement le processus. Ceux-là vous diront qu’ils ont l’alcool convivial, que cela fait partie de leur métier, qu’ils gèrent, qu’ils ne sont pas alcooliques. Pourquoi ? Parce qu’ils ne s’identifient pas au pochtron pilier de comptoir dont le visage rougi trahit la consommation excessive et brutale, qui parle en butant sur les mots, même que ça fait rire les autres et qu’on en fait des sketches à succès.

Pour certains encore, ce sont des traumatismes de l’enfance, inconscients, étouffés, gardés secrets, qu’on tente désespérément de noyer dans cette ligne de flottaison de l’hyper consommation.

Vivre aux côtés d’un alcoolique est un enfer, un drame journalier. D’abord parce qu’il nie, il ment alors même qu’il empeste à trois kilomètres à la ronde ; il soutient votre regard, vous dit combien vous êtes insultant(e). Vous êtes face à un mur, avec quelqu’un dedans qui ne veut pas s’entendre souffrir. Puis la violence surgit, épisodiquement d’abord, puis de façon récurrente. Dérapages verbaux, mains qui se lèvent, corps secoués. Et celui qui boit nie toujours. La honte l’empêche d’assumer cette addiction dans laquelle il s’est enfermé à son insu, subrepticement. Les enfants trinquent. La libido finit par se barrer. Tout fout le camp : la patience, l’empathie, l’amour. On ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas s’aider soi-même. C’est vain.

Bruno mourra bientôt d’un cancer du foie, de la langue, ou d’un arrêt cardiaque. Son cerveau volera en éclats. Mémoire, trous noirs. Ses mains crèveront de ne plus créer, tremblantes de cet immense chaos quand il finira de soulever la bouteille et de la vider, d’une dernière traite.

Nombreux sont ceux qui, autour de nous, boivent et sont à un pas de la chute. Regardez les sans les juger, ne vous improvisez pas psy de fortune. Il faut être solide et être prêt à affronter les tempêtes quand on vit avec un alcoolique. Il faut aussi savoir se prémunir de la contagion. Et parler. Briser le silence, l’omerta.

Les douleurs font toujours mal, quelles qu’elles soient. Mais mettre des mots sur les maux, c’est un premier pas vers la longue guérison.

 

Coaching Pour Reussir.

Un commentaire pour “Je vis avec un(e) alcoolique”


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