Coup d’arrêt ou élan ?

9 Oct

Divorcer, se séparer quand on pensait notre vie sur des rails, ben on va pas se mentir, hein, c’est pas tout simple.

 

Au début, c’est quand même souvent un coup d’arrêt qui nous arrête dans notre envol. On n’avait plus à penser, jusqu’aux dimanches avec les parents de l’un ou de l’autre, ou alors les vacances parce que les parents sont loin, et la vie se déroulait dans un joli ronron rassurant.

 

Et puis soudain, badaboum, la machine se grippe et nous on chope la grippe. Choqués, consternés, surtout quand la décision ne vient pas de moi, mais de l’autre, l’autre qui a envie de reprendre sa liberté, malgré les enfants, les grands-parents, les Noël ensemble (ah, les Noël ensemble, on y reviendra, parce qu’on y arrive !), malgré les prochaines grandes vacances dans la maison avec les amis…

 

Oui mais les amis, on les partage comment ? Parce qu’un divorce, ça ne coupe pas qu’un couple, mais aussi ses amis. Y’a ceux qui ne veulent pas prendre parti, alors tout le monde leur en veut. Ou alors, on tente de savoir si la vie sans nous, ben il-elle la vit mieux, ou moins bien… Non, chacun sa route, oui oui, on est plus larges que ça, mais quand même hein !

 

Alors oui, quand on a la garde partagée des amis, on tente malgré tout de savoir. Et on se torture un peu. Soit on culpabilise, parce que c’est nous qui sommes partis. Soit on se désespère, parce qu’elle ou il va bien sans nous !

 

Et parfois on se désespère parce qu’il-elle va bien alors que c’est quand même nous qui sommes partis !

 

Les paradoxes humains, c’est pas tout simple !

 

Il faut donc se consoler sans s’épancher ni sur les enfants ni trop sur les amis, et le sentiment d’être seul dans l’épreuve peut ressurgir parfois très fort. Panser ses plaies, penser ses plaies et se reconstruire, ne pas tout de suite se relancer dans une histoire pansement qui risque de ne pas durer, oui mais alors je fais quoi de tous mes samedis dimanche ou certes je m’enquiquinais mais où je n’étais pas face à mon vide existentiel !

 

Peut-être que les jeunes couples aujourd’hui sont plus construits. Mais les personnes ayant aujourd’hui la cinquantaine, ils se sont lancés dans le couple sans réfléchir, rail du mariage, rail du job pour lequel on n’était pas fait, mais on a fait pour faire plaisir, pour correspondre au moule…

 

Peut-on d’ailleurs peut-être parler de crise du moule ? (Noooon, j’ai pas dit de la moule, rôôô !) Parce que notre coup d’arrêt va parfois bien plus loin qu’un conjoint parti. Il remet aujourd’hui beaucoup de choses en question.

 

La crise du moule est parfois l’occasion, aussi, d’un nouveau départ. Ce n’est certes pas confortable, mais notre monde qui change nous amène je crois, de manière collective, à vivre des tranches de vie inconfortables. A l’extérieur, comme à l’intérieur…

 

Alors on peut aussi voir ce moment inconfortable comme une occasion rêvée de faire le grand ménage, le ménage de printemps, même en automne ! Est-ce que mon métier me ressemble ? Est-ce que mon âme est contente de se lever le matin ? Et si non, que puis-je faire pour changer cela ? Et si oui, comment puis-je vivre encore plus pleinement ?

 

Toutes ces questions, et bien d’autres, qui, au travers de fort douloureuses épreuves, nous amènent parfois au plus précieux : nous-même.

 

Christine Camporini

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